Frédéric Thiriez : "Nous en appelons au président de la République, lui au moins aime le sport"

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Frédéric Thiriez, le président de la Ligue de football professionnel (LFP), ne décolère plus contre le gouvernement. Après la demande faite aux clubs par le ministre de l'intérieur, Brice Hortefeux, mardi 24 novembre, de prendre en charge "les coûts réels des moyens publics mobilisés" pour assurer la sécurité des matches, les parlementaires ont définitivement adopté, jeudi 26, la suppression du Droit à l'image collective (DIC), dispositif qui permet d'exonérer de charges sociales les rémunérations des joueurs jusqu'à 30 %.
La décision du Sénat repoussant de six mois la suppression du DIC semble ne pas vous satisfaire.

Non, car l'Etat renie sa signature, manifestée de la façon la plus solennelle : par la loi. Il y a un an, le débat sur le DIC avait permis de le maintenir jusqu'en 2012. Les contrats et les recrutements ont été faits en fonction de cette perspective. On nous dit aujourd'hui que c'est juin 2010. Or, ces contrats sont à durée déterminée, ils ne peuvent donc pas être modifiés. On ne peut pas engager des entreprises dans un piège, alors que la crise se ressent. Depuis quatre ans, nos comptes étaient dans le vert. On va être dans le rouge cette année, de 50 millions d'euros. L'an prochain, ce sera 100 millions.

Quels recours vous reste-t-il ?

J'espère que le Conseil constitutionnel sera saisi et fera respecter un principe fondamental du droit qui est celui de la sécurité juridique. Sinon, les clubs se retourneront vers l'Etat pour demander des dédommagements du préjudice subi.

Le gouvernement, qui a appuyé l'amendement proposant la suppression du DIC, a provoqué un sentiment d'abandon et de trahison. Il y a un an, Eric Besson remettait un rapport sur l'amélioration de la compétitivité du sport français. Aujourd'hui, on fait l'inverse. Les clubs de foot et de rugby en ont assez de servir de boucs émissaires. Le contrat de confiance est rompu, l'Etat n'ayant pas respecté sa parole. Nous sommes prêts à toute éventualité, y compris la grève. Avant cela, nous en appelons au président de la République. Lui au moins connaît et aime le sport.

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À propos de cette note

Cette page contient une unique note de pascaline dubosc publiée le 3 décembre 2009 16h06.

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